Depuis que j’ai un compte Substack, le désir de créer des contenus de fond est revenu peu à peu. J’en ai envie, et cette envie me taraude depuis un moment maintenant (on parle en semestres si ce n’est en années).
C’est surement une question d’égo, de ce que je voudrais présenter de moi, de comment j’imagine que créent les artistes, les freelances qui réussissent… Mais en tout cas, une reprise de la création de contenus longs, fouillés me trotte dans la tête, de plus en plus.
Sans que cette reprise n’aboutisse encore.
Previously
J’avais déjà vécu la vague Slow Content, extension du Slow Web, mouvement de promotion d’un internet respectueux de l’humain et de la planète.
Le Slow web promeut un internet qui s’émancipe – autant que possible – du contrôle des GAFAM en favorisant :
- des échanges libres
- une communication inclusive
- le partage d’informations de qualité (des contenus informatifs, pertinents, sourcés, mis à jour et durables)
- des environnements sereins.
Et tout ça, en ayant pour mission de limiter l’infobésité et l’épuisement créatif.
Le slow content en est une extension, qui a connu une certaine forme de buzz pré-covid, avec certains médias, en particulier dans la presse papier, qui s’en sont emparé. La philosophie m’avait déjà plus, et je m’en était plus ou moins revendiqué, à la fois avec mon blog et ma newsletter de l’époque.
Then
“De l’époque” parce que ça remonte à la période qui précède mon lancement en tant que photographe professionnelle. Depuis, la création de contenu est devenue chaque jour un peu plus compliquée : ses centaines d’injonctions, ses impératifs financiers, trouver le bon mot au bon moment sur la bonne plateforme…
Ecrire pour me documenter – et partager ces connaissances, ces points de vue – me faisait kiffer, mais depuis que je suis à mon compte, c’est devenu oppressant, contraignant, pas du tout une source de joie, ni de partage. Juste une obligation commerciale (qui ne m’amène pas non plus de commerce si on est honnête).
→ je vis un épuisement créatif, qui s’est également répercuté sur mon travail photographique personnel. Et ça m’est insupportable.
Now
On (en tout cas, ma bulle de filtre) vit depuis un peu plus d’un an également un certain retour à l’analogique avec les tendances digital detox ou going analog, les snail mail club, etc. Une mode (à défaut d’un autre mot) qu’on avait déjà vu émerger avec le boom du Bullet Journal, le renouveau des appareils photos jetables, la réaparation des dumb phones, du vinyle et de la K7, ou la promotion du journaling comme outil indispensable à un business qui réussit.
On vit aussi en direct un switch dans l’internet que nous connaissions (massivement public et particulièrement violent), vers un internet plus discret, plus privé, plus intentionnel… Les Gen Z et alpha ne publient plus de posts “permanents” et leurs comptes sont privés par principe, le nombre de communités privées à drastiquement augmentée, tout comme les évènements intimistes, sur invitation uniquement
Bref, j’avais envie de reprendre la création de contenus, mais comme je l’appréciais : documenté, parfois long, sans formalisme imposé par une plateforme, où le document compte plus que le hook utilisé, et où l’IA n’est ni la source, ni un argument de vente.
Le tout, d’une manière plus soutenable, sincère, joyeuse, intéressante, bref qui ferait sens.
→ Il me fallait trouver la forme adéquat.
J’aimerais reprendre la création de contenus sous 2 formats : l’écrit (le partage, les interrogations sur ce qui fait sens, etc) et le visuel (via des expérimentations – collectives et individuelles – et la reprises de projets personnels). Pour l’écrit, je crois avoir trouvé ce qu’il me fallait en me réappropriant le concept du digital garden et trois dispositifs visuels permettant de parcourir les notes de manière non linéaire :
- Un système de coordonnées : les notes prennent place dans un repère, selon deux axes que j’ai définis (*que je suis encore en train de définir)
- Une visualisation qui prend la forme d’une galaxie. Chaque point est une note, reliée (ou non) à d’autres par un fil.
- Une liste chronologique, vue familière, pour celleux qui souhaiteraient juste lire les dernières notes publiées.
C’est un format de présentation plus souple, qui m’autorise à présenter des brouillons, des expérimentations en cours, ou des projets et des recherches qui n’ont pas aboutis, et qui font pourtant parties de mon travail d’auteure photographe et de mon processus de création. Parce que chercher à comprendre, analyser, fouiller, questionner est ce qui porte ma curiosité et la nourrie, que c’est souvent passionnant, mais sans aboutir forcément à une œuvre finalisée (qu’elle qu’en soit la qualité).
Face à l’IA, et ses enjeux, notre humanité se cache peut être dans ses arrêts soudains, dans ces essais ratés, dans ces expérimentations qui n’ont pas abouties, dans les roughs, les petites notes dans un carnet qu’on a laissé trainer depuis plusieurs années… Et ca me semble important que nous, créatif·ves nous en emparions.
Pour la création de cet article, je me suis appuyée sur l’IA générative à hauteur d’environ 15% (repérage d’incohérences, suggestion de mots, aide à la structuration des idées, reformulations légères). Moins de 5% de cette note est rédigé par une IAgen. Le reste de ce texte – surement imparfait – sort de ma petite tête.